La chaîne de Protection des enfants et la réalité communautaire

Quand les leaders politiques (en poste, futurs candidats) et religieux du département de Nippes se réunissent pour réfléchir sur la Protection de l’enfant, ça donne de l’espoir et de l’encouragement.  Des réflexions pertinentes, basées sur les réalités locales sont explorées et des pistes de solution sėrieuses, originales ont été proposėes…….. pour protéger les enfants, en particulier, ceux vivant dans les communautés.

Il existe des lois et des structures établies pour protéger l’enfant comme par exemple la structure de la chaîne de protection de l’enfant qui comprend la Brigade de Protection des Mineures (BPM), le Tribunal de Paix, l’Institut du Bien-Être social /IBESR(qui assure à lui seul plusieurs services notamment les services de Protection, de prostitution, de la délinqunace juvénile, le service social de la prison), l’office de la Protection citoyenne, et le Tribunal pour Enfant. Cette structure n’est pas adaptée à la réalité communautaire du pays. Il est presqu’impossible pour un paysan dont l’enfant est victime d’abus d’entreprendre des démarches auprès du juge pour enfant du Tribunal civil de son département, car non seulement, il n’a pas les moyens financiers pour couvrir ses frais de transport, mais il court le risque de se sentir humilier et isoler dans l’environnement du Tribunal (où le langage utilisé lui est tout à fait inconnu), sans mentionner les difficultés rencontrées tout le long du trajet où les routes sont en très mauvais état..

Le pays dispose d’un seul Tribunal pour enfant qui est basé à Port-au-Prince et un juge pour enfant dans chaque tribunal dans les dix (10) départements du pays. Ce sont des efforts considérables. Nous avons dans les communautés une structure locale déjà établie avec les CAZECS et les AZECS, il faut en tenir compte et travailler avec les représentants locaux du gouvernement. Ils peuvent constituer le prolongement de la chaîne de protection de l’enfant dans les communautés rurales parce qu’ils sont sur place, et connaissent mieux que quiconque les réalités du monde rural.  Dans les communautés, ces leaders locaux jouent le rôle du juge et les gens sont plus confiants d’aller vers eux pour rėsoudre leurs conflits au lieu de se rendre en ville.. En plus, la plupart des institutions (gouvernementale et non gouvernementale) acceptent difficilement de se rendre dans les zones reculées du pays à cause de l’état de délabrement des routes. Bien entraînés sur les aspects légaux, ils peuvent contribuer énormément dans la lutte contre la maltraitance des enfants.

L’utilisation de la technologie sera d’un apport précieux et renforcera cette collaboration. Un simple ordinateur portable, rechargeable au moyen d’énergie solaire peut faciliter la transmission automatique des informations en temps réel entre les leaders locaux et les acteurs de la chaîne de protection sur la situation des enfants dans les diverses régions du pays. Ce qui réduira la vulnérabilité des enfants et facilitera des prises de decision rapide parmi les acteurs.

La formation des leaders est importante pour lutter contre la maltraitance des enfants surtout ceux des communautés rurales. Sans la valorisation réelle de leurs réflexions, sans la prise en compte de leurs suggestions, leur participation dans les discussions et les démarches, il sera difficile de parler de protection, comme dit le proverbe créole

“se lave men souye atè”.

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