“NATIONAL CHILD PROTECTION PLAN, AN EFFECTIVE TOOL TO PROTECT OUR CHILDREN”

“National Protection Plan, an effective tool to protect our children”

The social, political and economic difficulties of Haiti further weakens the children of our country, especially those with special needs, like street children, children with disabilities, those who work in the fields, in families known as “restavek (Children in servitude)” … .. .., most of these children are abused, have no identity, and do not enjoy the privileges and prerogatives of citizens.

In 2000, a group of institutions in Haiti had begun to reflect on the development of a national child protection plan. At the time, the organization that had led such an initiative had discontinued its operations in Haiti, and there had been no follow-up. Six years later, more precisely, in October 2006, UNICEF and the Ministry of Social Affairs (MAST) had completed a two-day symposium with the aim to validate the national protection plan for the children in difficult circumstances (Le Nouvelliste, December 6, 2006). This plan should provide the framework for assistance to children. On this occasion, the Minister of MAST promised in a speech given at the opening of the symposium, to follow up and seek the approval of the Council of Ministers and the Prime Minister, stating the following, “ Our goal for the National Child Protection Plan (PNP) is to provide every child the best conditions to grow and flourish.” Nothing was done, priority actions and implementation mechanisms proposed in the document over a period of five years had not been realized. In April 2012, the Institute of Social Welfare and Research (IBESR) invited the actors who were involved in child protection to a meeting to rethink the system of protection provided to children, and to develop a strategic protection plan for 2012-2017.

If the document of National Child Protection Plan developed in 2006 is an important tool, indispensable in the national effort to eradicate violence against children in Haiti, the strategic plan for its implementation is even more so as it enables players in the protection chain (IBESR, MAST, National Office of Citizen, Peace Court ), civil society, government and non-government institutions, and leaders of rural communities, to focus their field intervention.

This is an important project, vast, for the state to take leadership with the support of international, national and civil society, to take appropriate measures and initiatives to actively fight against child abuse. It must be based on the present situation of the country and the local structures in place to be useful in carrying out this work. In fact, CASECS (the Boards of Directors of the Communal Sections, ASECS (the assemblies of the Communal Sections )
IBESR (Institute of Social Welfare), and other community leaders are needed to reach remote areas of the country where most children come from, it is the daughters and sons of the members of rural communities who are most affected by the abuse … … These local actors (CASECS, ASECS …) represent the local authority and, being more aware of the situation in their specific communities, can be an extension of the various actors in the protection chain (IBERS, MAST, BPM, Juvenile Court, Office of Citizen Protection, Peace Court) for children in their respective areas, inaccessible to most. The translation of such a document in both languages of the country is important to guide the actors working in Child Protection.

Today, our legal framework to protect children is strengthened with the adoption and ratification of several International and national instruments (opportunity to be taken to eradicate violence against children). Despite this significant advancement at the legal level, a concrete response needs to occur at the national level. We are witnessing a significant blockage, it is difficult to cross from theory to practice and curb the abuse of children. Indeed, it is difficult to address this issue without touching the problems that plague Haitian society (social, political, economic) … This is why a political decision must be taken to protect children against all kinds of violence, and why it is essential that the actors work together, coordinating their efforts. As long as the field interventions are not coordinated, and are not within a comprehensive strategic plan that takes into account local realities of the country, as long as institutions continue to work independently, it will be difficult to arrive at a concrete outcome.

Difficult or not, we must all address the structural causes of violence against children. By developing appropriate resources and expertise necessary to meet the real needs of children in cities and in rural communities, the abuse of children can be ended once and for all. The fight against child abuse needs to be seen no longer as being merely helpful, but as moral and legal obligations.

An approach that involves everyone, especially rural communities whose reflections are rarely considered is essential.

” Le Plan National de Protection , un outil efficace pour protéger nos enfants »

 ” Le Plan National de Protection , un outil efficace pour protéger nos enfants  »

La situation sociale, politique et économique difficile d’HaÏti fragilise davantage celle des enfants du pays, spécialement ceux avec des besoins à caractère spéciaux comme par exemple, les enfants de rue, les enfants handicapés ,ceux qui travaillent dans les champs, dans les familles appelés «restaveks», ….. .. La plupart de ces enfants sont maltraités, n’ont aucune identité et ne jouissent pas des privilèges et prérogatives en tant que citoyens.

En l’année 2000, un groupe d’institutions en Haiti avait commencé à réfléchir sur l’élaboration d’un plan national de protection de l’enfant. À l’époque, l’organisation qui avait le leadership d’une telle initiative avait discontinué ses activités en Haïti, et il n’y avait eu aucun suivi. Six années plus tard, plus précisément, le mois d’octobre 2006, l’UNICEF et le Ministère des Affaires Sociales (MAST) avaient réalisé un symposium de deux jours dans l’objectif de valider le plan national de protection en faveur de l’enfant en situation difficile (Le Nouvelliste , 6 décembre 2006). Ce plan devrait servir de cadre de référence pour venir en aide aux enfants. En cette occasion, le ministre du MAST, dans son intervention, avait promis d’assurer le suivi et de solliciter l’approbation du conseil des Ministres et, le Premier ministre, à l’ouverture de ce symposium, s’était exprimé ainsi «  Notre but avec le Plan national de protection de l’enfant (PNP) est de donner à chaque enfant les meilleures conditions pour grandir et s’épanouir ». Rien n’a été fait, les actions prioritaires et les mécanismes de mise en œuvre proposés dans le document sur une période de cinq ans n’avaient pas été concrétisés. Au mois d’avril 2012, I’Institut du Bien-Être Social et de Recherches (IBESR) avait invité les acteurs qui intervenaient dans la protection de l’enfant à une rencontre pour repenser le système de protection accordé aux enfants et élaborer un plan stratégique de protection pour la période de 2012-2017.

Si le document du Plan National de protection de l’enfant élaboré en 2006 est un outil important, indispensable dans la démarche nationale pour l’éradication de la violence faite aux enfants en Haiti, l’élaboration du plan stratégique en vue de son opérationnalisation l’est encore davantage pour permettre aux acteurs de la chaîne de protection (IBESR, MAST, Office National du Citoyen, Tribunal de Paix) ,la société civile, les institutions gouvernementales et non-gouvernementales, les leaders des communautés rurales… de mieux orienter leur intervention sur le terrain.

C’est un projet important, vaste, il incombe à l’état de prendre le leadership avec le support des institutions internationales, nationales, la société civile pour lutter activement contre la violence faite aux enfants et prendre des mesures et initiatives appropriées. Il doit être basé sur la réalité du pays et les structures locales en place doivent être utilisées dans la concrétisation de ce plan. En fait, l’aide des CASECS, ASECS, des leaders communautaires est nécessaire pour toucher les zones éloignées du pays ou la plupart des enfants sont originaires, ce sont les filles et les fils des membres des communautés rurales qui sont les plus touchés par la maltraitance…..,.Ces acteurs locaux (CASECS, ASECS…) représentent l’autorité locale et connaissent mieux les réalités profondes de leurs commuanutés, ils peuvent constituer le prolongement des différents acteurs de la chaine de protection (IBERS, MAST, BPM, Tribunal pour Enfants, Office de la protection du Citoyen, Tribunal de Paix) de l’enfant dans leurs zones respectives, difficiles d’accès pour la plupart. La traduction d’un tel document dans les deux langues du pays est importante pour guider les acteurs travaillant dans la Protection de l’enfant.

Aujourd’hui, notre cadre légal pour protéger les enfants est renforcé avec l’adoption et la ratification de plusieurs instruments nationaux et Internationaux  (opportunité à saisir pour éradiquer la Violence faite aux enfants). Malgré cette avancée importante au niveau légal, une réponse concrète, réelle au niveau national tarde à voir le jour. On assiste à un blocage important, difficile à franchir pour passer de la theorie vers la pratique et freiner la Violence faite aux enfants. En effet, il est difficile d’aborder cette question sans toucher les problèmes qui rongent la société haïtienne (social, politique, économique)… C’est pourquoi une décision politique doit etre prise pour protéger les enfants contre toutes sortes de violence et qu’il est indispensable que les acteurs travaillent ensemble, coordonnent leurs efforts. Tant que les interventions sur le terrain ne sont pas coordonnées, ne relèvent pas d’un plan stratégique global qui tient compte des réalités locales du pays, tant que les institutions continuent à travailler de façon indépendante, il sera difficile d’arriver à un résultat concret.

Difficiles ou pas, nous devons adresser ensemble les causes structurelles de la Violence faite aux enfants, mettre en place des moyens et des compétences spécialisées, appropriées ,nécessaires, pour répondre aux besoins réels des enfants dans les villes et dans les communautés rurales pour qu’enfin, la lutte contre la violence faite aux enfants, ne soit plus vue comme de la serviabilité mais comme des obligations morales et juridiques.

Une démarche qui implique tout le monde, particulièrement les communautés rurales dont les réflexions sont rarement considérées.

Guerda